Paolo Uccello (1397-1475), "Saint Georges délivrant Trébizonde",1455, détrempe sur toile, 56x74cm, Londres


Iconographie

Saint Georges: la légende dorée de Jacques de Voragine, XIIIè s.

Georges, né en cappadoce et tribun romain sous le règne de l'empereur de Dioclétien, se trouve à Silcha, ville de la province de Libye. A côté de cette cité était un étang grand comme une mer dans lequel se cachait un dragon pernicieux qui avait fait souvent reculer le peuple venu pour s'en débarrasser. Mais il lui suffisait de s'approcher des murs de la ville pour détruire tout le monde de son souffle. Les habitants se virent forcés de lui donner tous les jours deux brebis afin d'apaiser sa fureur sinon il infectait l'air de sa puanteur et tuait nombre de personnes. Or les brebis manquant, le conseil décida de remplacer une des deux brebis par un homme par tirage au sort sans exception. Mais un jour, il ne restait pratiquement plus personne, le sort tomba sur Marie, la fille du roi qui chercha à résister à cette fatalité sans succès. Il se résigna à la conduire au lac guidé par le cortège du peuple.
Or, Georges passait par là et lui demanda quelles étaient les raisons de son chagrin. La jeune princesse le remercia pour sa gratitude mais l'exorta à s'enfuir rapidement afin qu'il ne soit pas tourmenter par l'horrible monstre. Soudain, le dragon apparut, Georges prit sa lance, se fortifia du signe de croix et charga le dragon qu'il assomma. Il pressa la jeune fille de lier le monstre avec sa ceinture suite à quoi le terrible monstre la suivit comme une chienne dans les rues de la ville. Les habitants apeurés furent rassurés par le chevalier qui leur proposa le baptème afin d'éviter tous les ennuis ainsi que la construction d'une église par le roi en échange de quoi Georges tuerait le dragon hors de la ville et les en débarrasserait à tout jamais. Le chevalier, après son travail accompli, remerçia le roi et s'en alla.
Georges, de retour chez lui, découvre une violente persécution ou dix sept mille chrétiens furent tués. Il décide alors de donner tous ses biens, d'abandoner son habit militaire et d'embrasser la cause de ses frères spirituels qui pour certains, sous la menace, acceptaient de sacrifier aux Dieux païens des romains.
Mais très vite, il est remarqué par sa ferveur et le juge Dacien lui demande sa conversion immédiate. Son refus lui vaut d'être suspendu et les membres déchirés par des crochets en fer. Mais Dieu lui soulage ses douleurs et de rage le juge ne le voyant pas souffrir fait venir un mage pour l'empoisonner. Le magicien fut décapité pour son échec. Le lendemain, Georges fut installé sur une roue pleine d'épées tranchantes mais la roue se brisa. Suite à quoi, le juge trempa Georges dans du plomb fondu sans plus de résultat. Alors fut essayée la méthode douce et Georges fit semblant d'obtempérer. La conversion qu'on lui proposa dans dans un temple païen fut pour lui le prétexte à le détruire par la force de Dieu. Se voyant joué, Dacien décida de le décoller et sur le chemin du retour suite au supplice la colère de Dieu tomba sur lui et ses gardes qui les foudroya sur place.

Bibliographie


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